Mathématiciens C-D : illustration historique autour des biographies de Cajori, Cantor, Cardan, Descartes, Dirichlet et Diophante.

Mathématiciens C-D : biographies et histoire des mathématiques

Cette page rassemble les notices alphabétiques de Math93 pour les mathématiciens de C à D. L'objectif est de proposer un index fiable, lisible et rapidement exploitable : dates, pays, idées mathématiques, anecdotes historiques, liens internes et références bibliographiques citées dans les notices.

Mathématiciens commençant par C

CAJORI Florian ( Suisse 1859 - Calofornie, USA 1930), Suisse.

Historien des mathématiques américano-suisse, Florian Cajori est une référence majeure pour l'histoire des notations et des symboles mathématiques.

CANTOR Georg (1845-1918), Allemagne.

Georg Cantor est le fondateur de la théorie des ensembles et l'une des figures centrales de l'étude moderne de l'infini.

CARDAN Girolamo (1501-1576), Italie.

Médecin, savant et mathématicien italien de la Renaissance, Cardan reste lié à l'histoire des équations algébriques du troisième degré.


Né à Pavie, Cardan étudia la médecine à Pavie et à Padoue. Dès 1534, il enseigna les mathématiques dans une école milanaise, tout en pratiquant la médecine. En 1543, il accepta la chaire de médecine à l'Université de Pavie, puis, en 1562, celle de l'Université de Bologne, mais, en 1570, Cardan fut brusquement inculpé d'hérésie, arrêté et perdit son poste.

CARNOT Lazare Nicolas Marguerite (1753-1823)

Lazare Carnot est une figure scientifique et politique de la Révolution française, associé à la géométrie et à la mécanique.


Bourguignon, officier de carrière, L. Carnot fut élu député à l'Assemblée législative et à la Convention. En 1793, il fit partie du Comité de salut public et, de 1793 à 1795, il fut responsable de la guerre. Le coup d'état de 1797 le chassa, mais Napoléon le rappela en France pour lui confier le ministère de l'Intérieur pendant les Cents-Jours. Membre du gouvernement provisoire en juin 1815, il dut se réfugier à Magdebourg, en Allemagne.

CARTAN Elie Joseph (1869-1951), France.

Élie Cartan est l'un des grands géomètres du XXe siècle, connu pour ses travaux sur les groupes de Lie, les algèbres de Lie et la géométrie différentielle.


Né à Dolomieu dans les Alpes françaises, E. Cartan reçut une bourse du gouvernement pour pouvoir étudier au lycée de Lyon, puis à l'École normale supérieure. Il enseigna aux Universités de Montpellier, Lyon, Nancy et Paris. Il fut élu membre de l'Académie des sciences en 1931.
Ses travaux portent sur les groupes et algèbres de Lie. En 1894, il propose une classification des algèbres de Lie sur lke corps C. Puis il travaille sur la théorie des algèbres linéaires associatives, que le mathématicien américainWEDDERBURN Joseph Henry Maclagan (1882-1948) rebaptise algèbres.
En 1910, il introduit la notion de spineur, vecteur complexe qui permet d'exprimer les rotations de l'espace par une représentation bidimensionnelle. 
L'algèbre extérieure introduite par GRASSMANN Hermann (1809-1877) (qui définit le ⇒ produit vectoriel) reste confidentielle jusqu'aux travaux des mathématiciens français POINCARÉ Jules Henri (1854-1912) et de CARTAN Elie Joseph (1869-1951) en géométrie différentielle. [Dieudo]p107

CARTAN Henri Paul (Nancy 1904), France.

Henri Cartan, fils d'Élie Cartan, est une figure importante de l'analyse complexe, de la topologie algébrique et du groupe Bourbaki.

CASTELNUOVO Guido (1865-1952)

Guido Castelnuovo appartient à l'école italienne de géométrie algébrique et a joué un rôle important dans la vie scientifique italienne.


Né à Venise, Castelnuovo étudia les mathématiques à l'Université de Padoue. Assistant à l'Université de Turin, il fut appelé à l'Université de Rome, en 1891. Il était président de l'Académie des Lincei de 1946 à sa mort.

CAUCHY Augustin-Louis (1789-1857), France.

Augustin-Louis Cauchy est l'une des figures majeures de l'analyse moderne, notamment pour la rigueur apportée aux limites, séries et fonctions.


Né à Paris, Cauchy, après l'École polytechnique; passa par l'École des ponts et chaussées et participa comme ingénieur à divers travaux publics. En 1813, il revint à Paris pour enseigner à l'École polytechnique, à la Faculté des sciences et au Collège de France. En 1816, il fut nommé membre de l'Académie des sciences. Lors de la révolution de juillet 1830, Cauchy s'exila à Turin, puis à Prague, où il devint le précepteur du petit-fils de Charles X. En 1838, il retourna en France, reprit son travail à l'Académie et, en 1848, retrouva une chaire à la Sorbonne. 
Le cours d'analyse que Cauchy donne à l'École Polytechnique est publié en 1821 et 1823 (, qui devait devenir la référence de l'analyse au XIXès. en mettant en avant la rigueur, et plus seulement l'intuition. C'est la première fois que de vraies définitions de limites, de continuité, de convergence de suites, de séries, sont énoncées. Cette rigueur reste toutefois encore relative, puisque que Cauchy "prouve" que la limite d'une série de fonctions continues est continue, ce qui est faux. Il est vrai que Cauchy ne dispose pas encore d'une définition claire et précise des nombres réels. 
Ses oeuvres complètes sont disponibles sur la site Gallica de la BNF.

CAVALIERI Bonaventura Francesco (1598-1647), Italie.

Bonaventura Cavalieri est associé à la méthode des indivisibles, étape importante vers le calcul intégral.


Né probablement en 1598 à Milan, Cavalieri entra très jeune dans l'ordre des jésuites. A Pise il fut introduit, vers 1616, auprès de Galilée. Cavalieri enseigna la théologie dans plusieurs monastères, notamment à Bologne, dès 1629. Il Y détint également la chaire de mathématiques de l'Université. 
Poursuivant les travaux de TORRICELLI et de KEPLER, CAVALIERI élabore en 1629 la théorie des indivisibles pour le calcul des aires et des volumes. Cependant, son traité publié en 1635,Geometria indivisibilibus continuorum nova quadam ratione promota ets assez peu clair et la notion d'indivisible n'est pas définie. Sa méthode est tout de même proche de la théorie de l'intégration qui va se développer ensuite.
Il obtient, avec les notations modernes, une formule que l'on peut écrire :$$\int_0^a x^k\,dx=\dfrac{a^{k+1}}{k+1}.$$ Bien entendu, Cavalieri n'utilisait pas ces notations.

Notons que le symbole log. était utilisé par l'italien CAVALIERI dans Directorium generale Vranometricum en 1632.(Voir histoire des symboles mathématiques)

CAYLEY Arthur (Richmond 1821- Cambridge 1895), Angleterre.

Arthur Cayley est l'un des grands algébristes britanniques du XIXe siècle, avec des travaux majeurs sur les matrices, les groupes et les invariants.

CECH Eduard (1893-1960)

Eduard Čech est un mathématicien tchèque important en topologie, notamment par les notions et théories qui portent son nom.


Né à Straéov (Bohême), Čech fit ses études à l'Université de Prague et passa son doctorat en 1920. Après une année de collaboration avec Fubini à Turin, Čech fut nommé, en 1923, professeur de mathématiques à l'Université de Brno et, en 1945, à l'Université de Prague.

CHEVALLEY Claude (1909-1984)

Claude Chevalley est un mathématicien français lié à l'algèbre, à la théorie des groupes et au groupe Bourbaki.


Né à Johannesburg (Transvaal) où son père était Consul général de France, Chevalley fut élève à l'École normale supérieure de 1926 à 1929. Il enseigna aux Universités de Strasbourg et de Rennes de 1936 à 1938, puis aux États-Unis à l'Université de Princeton (1940-1948) et à l'Université Colummbia (1948-1955). Revenu en France, il fut professeur à la Sorbonne de 1955 à sa retraite en 1978. Il était correspondant de l'Académie des Sciences. 
Ses travaux portent sur la théorie des nombres, l'algèbre, la géométrie algébrique et la théorie des groupes de Lie. Il propose en 1955 une méthode générale de construction de groupes finis simples.

CHOLESKY André-Louis (Montguyon, Charente 1875 - Bagneux (Aisne) 1918), France.

André-Louis Cholesky est connu pour la décomposition de Cholesky, méthode fondamentale en calcul matriciel numérique.


Fils de restaurateurs charentais, André-Louis CHOLESKY est admis en 1895 à l'Ecole polytechnique. Il entre dans l'armée et devient commandant d'artilllerie. On l'affecte à la section géodésique du service géographique; ses aptitudes théoriques et ses idées nouvelles sur le sujet sont très appréciées. Il y poursuit toute sa carrière et travaille successivement en Crète, en Afrique du Nord et, pendant la Première Guerre mondiale, en Roumanie. Revenu fil France, il tombe sur le front deux mois avant l'armistice. C'est dans le but d'applications à la géodésie que CHOLESKY étudie la résolution de systèmes d'équations linéaires. La factorisation qui porte son nom paraît de manière posthume en 1924 dans un article du Bulletin géodésique sous le titre Procédé du commandant Cholesky. Il se termine par l'algorithme de résolution d'un système d'équations linéaires élaboré par celui-ci. 
Son nom resta attaché à une factorisation matricielle, la factorisation de Cholesky.

CHRISTOFFEL Elwin Bruno (1829-1900).

Elwin Christoffel est associé à la géométrie différentielle et aux symboles de Christoffel, essentiels dans le calcul tensoriel.


Né à Monschau, en Allemagne, Christoffel étudia à l'Université de Berlin, où il obtint son doctorat en 1856. Il enseigna, de 1859 à 1862, à l'Université de Berlin, de 1862 à 1869, à l'École polytechnique de Zürich, de 1869 à 1872 à l'Académie de commerce à Berlin, de 1872 à 1892 à l'Université de Strasbourg, nouvellement fondée par les Allemands.

CHUQUET Nicolas (Paris vers 1445 - Lyon vers 1500), France.

Nicolas Chuquet est une figure française de l'algèbre médiévale, connue pour son Triparty en la science des nombres.


Ce médecin de profession s'intéresse aussi aux mathématiques. On lui doit "triparty en la science des nombres" (1484), le plus ancien traité d’algèbre écrit en français. 
Il y introduit la notation par exposant, y compris les puissances de \(0\) et les puissances négatives.
Il y expose par ailleurs les nombres et la numération indienne de position, les opérations arithmétiques et les racines mais son oeuvre non imprimée à une diffusion très restreinte. [HaSu] p81

CLAIRAUT Alexis-Claude (1713-1765), France.

Alexis Clairaut est un mathématicien français précoce, actif en géométrie, analyse et astronomie mathématique.


Né à Paris, fils d'un professeur de mathématiques, Clairaut s'est plongé très jeune dans l'étude des mathématiques. Il fut élu membre adjoint de l'Académie des sciences à l'âge de dix-huit ans. Il prit part avec Maupertuis à une expédition en Laponie (1736-37) pour calculer un degré de méridien. CLAIRAUT est, avec le suisse EULER (1707 - 1783), l'un des premiers à utiliser les dérivées partielles.
(Voir le dossier fonctions de plusieurs variables) [Encyclo. U.]
CLAIRAUT établit les équations de quelques surfaces quadriques (sphère, cylindre, paraboloïde, hyperboloïde à deux nappes, ellipsoïde).
CLAIRAUT montre que les courbes gauches, c'est-à-dire les courbes de l'espace, peuvent se décrire comme intersection de deux surfaces. [DaDaPe] p 137

CLAVIUS Christoph (1537-1612), Allemagne.

Christoph Clavius est un jésuite et mathématicien lié à la réforme du calendrier grégorien et à la transmission d'Euclide.


Né à Bamberg (Allemagne), Clavius entra dans l'ordre des jésuites en 1555 à Rome. Il fit des études à l'Université de Coïmbra (Portugal), puis enseigna les mathématiques, d'abord au Collegio Roomano, puis à l'Université de Rome.

En 1579 on demanda à Clavius de préparer les bases d'un nouveau calendrier pour corriger le calendrier julien. Il utilisa pour cela les Tables d'Erasmus Reinhold. Le calendrier qu'il proposa fut promulgué par le pape Grégoire XIII en 1582 et progressivement adopté dans le monde sous le nom de calendrier grégorien.
Il était adversaire du système de Copernic et fut combatu et moqué par nombres de mathématicines dont François Viète (dans une série de pamphlets, comme l'Adversus Christophorum Clavium explicatio).

Il a rédigé en 1574 une traduction latine des Éléments d'Euclide qui demeure une version de base pour les mathématiciens de la Renaissance, dont Descartes et Leibniz.
Par ailleurs, il a écrit aussi un livre d'algèbre en 1608, et fut le premier à utiliser le point décimal.
Son Algebra (Rome 1608) marque la première apparition des symboles « + » et « - » en Italie bien que ces symboles furent introduit par l'allemand WIDMAN. (Pour en savoir plus => histoire des symboles)

CLEBSCH Rudolf Friedrich Alfred (1833-1872)

Rudolf Clebsch est un mathématicien allemand lié à la géométrie algébrique, aux invariants et aux équations différentielles.


Né à Kônigsberg, Clebsch y fit ses études, puis perfectionna sa formation à Berlin. Sa carrière académique débuta, en 1858, à l'Université de Berlin, se poursuivit, jusqu'en 1863, à l'École polyytechnique de Karlsruhe, de 1863 à 1868, à l'Université de Giessen et, à partir de 1868, à l'Université de Gôttingen. Il fonda, en 1868, avec Carl Neumann les "Mathematische Annalen" .

CLIFFORD William Kingdon (1845-1879)

William Clifford est un mathématicien britannique dont le nom reste attaché aux algèbres de Clifford et à la géométrie.


Né à Exeter (Angleterre), Clifford fit ses études au collège de la Trinité à Cambridge. A partir de 1871, il fut professeur de mathématiques appliquées à l'University College de Londres. Il fut élu membre de la Royal society en 1874. Il est mort de turberculose à Madère. .

CODAZZI Delfino (1824-1873)

Delfino Codazzi est associé à la géométrie différentielle des surfaces et aux équations de Gauss-Codazzi.


Né à Lodi, en Italie, Codazzi fut d'abord enseignant aux lycées de Lodi et de Pavie, puis de 1865 à sa mort, il fut professeur à l'Université de Pavie. Ses travaux traitent de la géométrie différentielle. Il poursuit les travaux du mathématicien allemand GAUSS Carl Friedrich (1777-1855) sur la recherche des scalaires qui caractérisent une surface.

CONDORCET Marie Jean Antoine Caritat de (1743-1794), France.

Condorcet est un savant des Lumières, philosophe et mathématicien, lié aux probabilités, aux votes et aux sciences sociales.


Né à Ribemont dans une famille de vieille noblesse, élevé par les jésuites, le marquis de Condorcet vécut à Paris dès 1758. Il fut élu membre de l'Académie des sciences, en 1769, et en devint le secrétaire perpétuel, en 1776. Sous Turgot il fut inspecteur de la monnaie et directeur de la navigaation. Condorcet participa activement aux événements de la Révolution française. Il faut arrêté le 27 mars 1794. Le lendemain il fut trouvé mort dans sa prison de Bourg-la-Reine.
Ses travaux traitent du calcul intégral et les probabilités. Il a pour objectif d'appliquer la théorie des probabilités dans les sciences sociales et est le premier à étudier mathématiquement le sytème électoral. Il est considéré comme un des premiers sociologues.
Le symbole ∂ est utilisé en 1770 par CONDORCET Marie Jean Antoine Caritat de (1743-1794) dans "Memoire sur les Equations aux différence partielles," publié dans Histoire de L'Academie Royale des Sciences (1773). (Voir histoire des symboles mathématiques).

COTES Roger (1682-1716)

Roger Cotes est un mathématicien anglais proche de Newton, actif en analyse, astronomie et trigonométrie complexe.


Né à Burbage (Angleterre), Cotes fut éduqué au collège de la Trinité à Cambridge. En 1706, il Y fut nommé professeur d'astronomie et de philosophie naturelle et fit construire un observatoire. En 1711, il devint membre de la Royal Society.
Il étudie les racines n-ième de l'unité et montre que cela revient à partager un cercle en n parties égales. Il travaille sur le logarithme d'un complexe et donne en 1714 la formule : ln ( cos x + i sin x ) = ix.
COTES est l'auteur d'une méthode proche de celle des moindres carrés et il est le premier à intégrer des fractions rationnelles dont le dénominateur est de degré 2. Ses travaux ne seront publié qu'après sa mort par Robert SMITH (1689 - 1768).

COURANT Richard (1888-1972)

Richard Courant est une figure majeure de l'analyse et des mathématiques appliquées, lié à Göttingen puis à l'Université de New York.


Né à Lubliniec (Pologne), Courant fit ses études à Breslau, Zürich et à Gôttingen sous D. Hilbert. Il enseigna les mathématiques à l'Université de Gôttingen (1912-1934), puis à l'Université de New York.

CRAMER Gabriel (1704-1752), Suisse.

Gabriel Cramer est un mathématicien suisse connu pour la règle de Cramer et ses travaux sur les courbes algébriques.


Né à Genève, Cramer, dès l'âge de 18 ans, partagea avec G. L. Calandrini la chaire de mathématiques de l'Académie de Calvin. En 1734, Calandrini devint professeur de philosophie; Cramer prit alors la chaire de mathématiques et, en 1750, il succéda à Calandrini, mais pour un an seulement.
Le travail par lequel il est le mieux connu est son traité sur les courbes algébriques publié en 1750 ; il contient la plus ancienne démonstration qu'une courbe du n-ième degré est déterminée par n(n+3)/2 points. Son oeuvre la plus connue est son Introduction à l'analyse des lignes courbes algébriques (1750). Fondateur, avec LEIBNIZ, de la théorie des déterminants, CRAMER a aussi donné son nom à une règle et à un paradoxe, a calculé orbites et aphélies des planètes.

CRELLE August (Brandebourg 1780 - Berlin 1855), Allemagne.

August Crelle est célèbre pour avoir fondé le Journal de Crelle, revue majeure des mathématiques du XIXe siècle.


August CRELLE est un ingénieur et mathématicien dont les travaux portent surtout sur la géométrie du triangle. Il reste surtout célèbre pour avoir créé en 1826 la revue : Journal für die reine und angewandte Mathematik connu sous le nom deJournal de Crelle.
Le succès de cette revue et rapide et nombres de découvertes mathématiques du 19ème siècle y paraîtront. Dès la 1ère année, le jeune norvégien Niels ABEL (1802 - 1829) y publie ses travaux ce qui participera à sa renommée.
CRELLE est aussi ingénieur, il établit en 1838 la première ligne ferroviaire d'Allemagne.

CREMONA Antonio Luigi Gaudenzio Giuseppe (1830-1903), Italie.

Luigi Cremona est une figure de la géométrie algébrique et projective italienne du XIXe siècle.


Né à Pavie, Cremona, après s'être battu, en 1848, contre les Autrichiens, fit des études de génie civil et d'architecture (1849-53). Il ne put cependant obtenir de poste officiel jusqu'en 1855, quand on lui permit d'enseigner dans divers lycées. Dans la suite il fut professeur à l'Université de Bologne, à l'Institut polytechnique de Milan, à l'École polytechnique et à l'Université de Rome. 

Mathématiciens commençant par D

DARBOUX Jean-Gaston (1842-1917)

Gaston Darboux est un géomètre et analyste français, connu notamment pour ses travaux en géométrie différentielle et en analyse.


Né à Nîmes, Darboux, après des études à l'École normale supérieure, enseigna, de 1867 à 1872, dans des écoles secondaires, puis à l'École normale supérieure et à la Sorbonne. En 1884, il fut élu membre et, en 1900, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences.

DAVENPORT, Harold (1907-1969)

Harold Davenport est un mathématicien britannique connu pour ses travaux en théorie analytique des nombres.


Né à Huncoat, il fit ses études à l'Université de Manchester puis au collège de la Trinité à Cambridge. Il enseigna à Manchester (1937-41), à Bangor (1941-45) à l'University College de Londres (1945-58) et finalement à Cambridge. (Bull. London Math. Soc.)

DEDEKIND Julius Wilhelm Richard (1831-1916), Allemagne.

Richard Dedekind est une figure essentielle de l'arithmétique moderne, notamment par les coupures de Dedekind et l'étude des idéaux.


Né à Brunswick, Dedekind fit ses études à l'Université de Gôttingen. En 1854-55, il commença ses activités d'enseignant comme Privatdozent à Gôttingen, où il fut en relation étroite avec DIRICHLET Gustav Peter Lejeune (1805-1859) etRIEMANN Georg Friedrich Bernhard (1826-1866).
En 1858, Dedekind fut appelé à l'École polytechnique de Zürich et, en 1862, il devint professeur à l'École polytechnique de Brunswick. Comme ses frères et soeurs, il reste célibataire toute sa vie (il vivra avec l'une de ses soeurs).
Son oeuvre est immense. Il est avec KUMMER Ernst Eduard (1810-1893) et KRONECKER Leopold (1823-1891) le fondateur de la théorie des nombres algébriques, avec WEBER Heinrich (1842-1913), le premier à proposer des méthode purement algébriques pour l'étude des courbes et il propose une construction des nombres réels au même moment que CANTOR Georg (1845-1918) et MÉRAY Hugues Charles Robert (1835-1911).
De sa correspondance avec CANTOR Georg (1845-1918), nait la théorie des ensemble. Dans son ouvrage Was sind und was sollen die Zahlen ? (1888), il expose avec talent, les notions qu'il utilise pour créer la suite des nombres entiers naturels. Il les a créé car pour lui : " Les nombres sont de libres créations de l'esprit humain".
Il définit aussi le fini et l'infini et fonde le raisonnement par récurrence de façon rigoureuse.
Dans le 10ème supplément aux Leçons de Théorie des nombres de DIRICHLET, DEDEKIND Julius Wilhelm Richard (1831-1916) introduit les notion de corps et de module dans le sens actuel de sous-corps et de sous-module et il définit les idéaux.

DEHN Max (1878-1952)

Max Dehn est un mathématicien allemand important en géométrie, topologie et théorie des groupes.


Né à Hambourg, Dehn obtint son doctorat, en 1900, à Gôttingen. Il était professeur à l'Université de Francfort, quand le régime nazi le força, en 1935, à émigrer aux États-Unis. Il y enseigna à l'Université d'Idaho, à l'Institute of Technology de l'Illinois, à St. Johns College à Annapolis et, à partir de 1945, à Black Mountain College en Caroline du Nord.

DE LA VALLÉE-POUSSIN Charles Jean

Charles de La Vallée-Poussin est lié à l'analyse et à la théorie des nombres, notamment autour du théorème des nombres premiers.

(1866-1962) : voir La VALLEE-POUSSIN Charles DE

DELIGNE Pierre (né en 1944), Belgique.

Pierre Deligne est un mathématicien belge, médaille Fields en 1978 et prix Abel en 2013, célèbre notamment pour sa preuve des conjectures de Weil en géométrie algébrique.

DENJOY Arnaud (1884-1974)

Arnaud Denjoy est un analyste français connu pour ses travaux sur les fonctions réelles et l'intégration.


Né à Auch (Gers), Denjoy, étudiant à l'École normale supérieure, passa son doctorat, en 1909, à Paris. Il enseigna aux Universités de Montpellier (1909-17), d'Utrecht (1917-19) et de Strasbourg. A partir de 1922, sa carrière se poursuivit à l'Université de Paris, où il était professeur titulaire, de 1931 à 1955. Il était membre de l'Académie des Sciences depuis 1942.

DESARGUES Gérard (1591-1661)

Gérard Desargues est l'un des fondateurs de la géométrie projective moderne.


Né à Lyon, on trouve Desargues dès 1626 à Paris. Il aurait participé comme ingénieur au siège de La Rochelle en 1628. De 1630 à 1645, il eut une intense activité scientifique, fut probablement conseiller technique et ingénieur dans l'entourage de Richelieu. En 1645, il commença une nouvelle carrière comme architecte à Paris et à Lyon.

DESCARTES René du Perron (1596-1650), France.

René Descartes est une figure majeure de la philosophie et des mathématiques, notamment par la géométrie analytique.

DICKSON Leonard Eugene (1874-1954), USA.

Leonard Eugene Dickson est un mathématicien américain connu pour ses travaux en algèbre et en théorie des nombres.


Né à Independence (Iowa), Dickson fit ses études aux Universités du Texas, de Chicago, de Leipzig et de Paris. Il enseigna aux Universités du Texas et de Chicago. Il fut éditeur (1911-16) des Transactions of the American Mathematical Society. Il était membre de la National Academy of Sciences depuis 1913. 
La démonstration du théorème WEDDERBURN (tout corps fini est commutatif) fut donné indépendamment par les mathématiciens américains WEDDERBURN Joseph Henry Maclagan (1882-1948) et DICKSON Leonard Eugene (1874-1954) en 1905.[HaSu] p364

DIEUDONNÉ Jean (Lille 1906 - Paris 1992), France.

Jean Dieudonné est un mathématicien français majeur du XXe siècle, membre fondateur de Bourbaki et auteur d'ouvrages d'histoire des mathématiques.


Le mathématicien français Jean DIEUDONNÉ est le fils du directeur d'une entreprise textile et d'une institutrice. On raconte qu'il se découvre une passion pour les mathématiques lors d'un séjour sur l'île de Wight où on l'envoie pour parfaire son anglais. 
Il poursuit ses études secondaires au lycée Faidherbe à Lille, et entre en 1924 à l'Ecole normale supérieure. Il y rencontre Henri CARTAN et Jean DELSARTE avec lesquels il fondera en 1935 le groupe BOURBAKI.
Il commence alors une thèse avec Paul MONTEL, qu'il soutient en 1931, et en profite pour voyager. Il est enseignant à l'université de Rennes en 1931, puis à celle de Nancy en 1937 où il devient professeur. Il y reste jusqu'en 1946, exceptées les années 1940à 1942, où il enseigne à Clermont-Ferrand. 
Il décide alors de partir à l'étranger, d'abord au Brésil,à l'université de Sao Paulo de 1946 à 1948, puis aux Etats-Unis de 1952 à 1959 à l'université d'Ann Arbor, dans le Michigan, et à l'université de Chicago. Il rentre en France, et travaille d'abord à l'LH.E.S., puis à l'université de Nice de 1964 à 1970, avant de se retirer à Paris. Après sa retraite, il continue une activité mathématique en publiant des ouvrages sur l'histoire de cette science notamment "Abrégé d'histoire des mathématiques", Hermann Editeurs, Paris, nouvelle édition 1986.
Les travaux de Jean DIEUDONNÉ portent sur l'algèbre, les groupes de Lie, la topologie, et principalement les espaces vectoriels topologiques.

DIOPHANTE ( entre + 150 et + 350), Grèce.

Diophante d'Alexandrie est une figure antique de l'arithmétique, célèbre pour les Arithmétiques et les équations diophantiennes.


On ne sait pratiquement rien sur la vie de Diophante. Il aurait vécu au milieu du troisième siècle après J.-C. à Alexandrie.
De l'œuvre mathématique attribuée à Diophante, la tradition manuscrite grecque nous a transmis six livres d'un ouvrage sur les Problèmes arithmétiques, et, d'autre part, un chapitre d'un livre sur les Nombres polygones. Les Arithmétiques, qui ont assuré à Diophante sa renommée, devaient comprendre treize livres. Mais, comme seuls six livres avaient été conservés en grec, les historiens en sont réduis à des conjectures sur le contenu de ces ouvrages (voir sur leur existence même) !
 Les Arithmétiques comprennent (ou comprendraient !) au moins dix livres, dans l'ordre suivant : les trois premiers livres grecs, suivis, et par les quatre livres retrouvés de la version arabe. Viennent ensuite les livres IV et V du texte grec, et enfin, le livre VI du texte grec, sur les triangles rectangles numériques.
Citons quelques résultats attribués à Diophante : (Il propose peu de résultats généraux, il raisonne souvent sur des exemples)
- Trouver deux nombres dont la somme est 20 et le produit 96 ;
- Résolution d'équations du type : \(x+y=A\) et \(y^2=Ax^2+Bx+C\) ;
- Tout nombre premier de la forme \(4n+3\) ne peut pas être la somme de deux carrés (il démontre ce résultat) ; 
- Il utilise des puissances d'exposant supérieur à 3 ;
- Il utilise des symboles pour les inconnues et les opérations. 

DIRICHLET Gustav Peter Lejeune (1805-1859), Allemagne.

Peter Gustav Lejeune Dirichlet est une grande figure de l'analyse, de la théorie des nombres et des séries de Fourier.


Né à Düren (Allemagne), Dirichlet fit ses études à Paris (1822-26), où il gagna sa vie comme précepteur dans la famille du général Foy. De 1827 à 1828, il enseigna à l'Univserité de Breslau, puis, de 1829 à 1855, à l'Université de Berlin. En 1855, il succéda à GAUSS (1777-1855), à l'Université de GoUinngen. Il fut élu en 1831 membre de l'Acadie des sciences de Berlin.
Une fonction classique non intégrable au sens de Riemann est la fonction définie sur \([a;b]\) qui vaut \(1\) si \(x\) est rationnel, et \(0\) sinon. cette fonction est appellée, fonction de DIRICHLET.
Notons que c'est DIRICHLET, dans le Xe supplément aux Leçons de Théorie des nombres (1871), introduit les notions de corps et de module, dans le sens que nous donnons actuellement à un sous-corps et à un \(\mathbb Z\)-module. [Dieudo]p 110

DU BOIS-REYMOND Paul David Gustave (1831-1889), Allemagne.

Paul du Bois-Reymond est un mathématicien allemand lié à l'analyse, aux séries de Fourier et à l'étude des fonctions.


Né à Berlin, Du Bois-Reymond commença, en 1853, des études de médecine à l'Université de Zürich, puis des études de physique mathématique à l'Université de Konigsberg; il soutint une thèse en 1859. Il enseigna dans une école secondaire, à l'Université de Heidelberg (1865-1870), à Friibourg, à Tübingen (1874-84) et finalement dans un collège technique à Berlin.

DUPIN Pierre-Charles-François (1784-1873), France.

Pierre-Charles Dupin est un mathématicien, ingénieur et homme politique français, associé à la géométrie différentielle.


Né à Var-zy, Dupin sortit, en 1803, de l'École polytechnique comme ingénieur naval. Il fonda, en 1813, un musée maritime à Toulon et fut professeur au Conservatoire des arts et métiers; Il participa à la vie politique (1828-1870) comme député, comme ministre de la marine et comme sénateur. Il fit partie des Académies des sciences (dès 1818) et des sciences morales et politiques.

DYCK Walther Franz Anton von (1856-1934), Allemagne.

Walther von Dyck est un mathématicien allemand lié à la théorie des groupes et à l'organisation encyclopédique des mathématiques.


Né à Münich, Dyck étudia les mathématiques à Münich, Berlin et Leipzig. En 1883, il devint professeur à l'École polytechnique de Münich, en 1900, son directeur. Il fut un des fondateurs de l'Enzyklopädie der mathematischen Wissenschaften et membre de l'Académie bavaroise des sciences. 

Sources et repères bibliographiques

Les notices de cette page reprennent les références indiquées dans le texte, notamment les abréviations bibliographiques placées en fin de notice ou en infobulle.

  • [HaSu] B. Hauchecorne et D. Surateau, Des mathématiciens de A à Z, Ellipses, Paris, 1996.
  • [Dieudo] Jean Dieudonné, Abrégé d'histoire des mathématiques, Hermann Éditeurs, Paris, nouvelle édition 1986.